29 mai 2011

Midnight Detress

Une ombre saigne sur la barbe d’ébène d’un piano.
Un fantôme de skaï aux yeux embués de poèmes caresse sa soif et se pend sur un décolleté
Déchirant…
Plus loin, naufragé du comptoir, un désir fou étincelle sur un homme linceul;
Dans un coin de table, un éclat de tristesse rétrécit à l’infini sous les pupilles violentes de gens heureux…
Les bougies tremblent et se confondent de solitude,
J’avance à pas de miel, comme un orage apprivoisé,
Je crève de lune
Une musique, comme un bas invisible grésille, étrangle l’air,
Glisse sur un sol de paillettes et de cendres mouillées.
Une panthère écarlate et cloutée ronge une croix de bois, de fer ou de courage, qui lui donne l’air d’exister.
De l’autre côté du mur, un buvard se répand en voluptés de rimmel.
Et au fond du couloir, coule une larme obscure, un train de vie déraille...
Dans ce brouillard de gueules d’amours fracassés,
Une chape de souffre vient se coller à mon corsage
Et déteint sur les tresses d’une amazone religieuse.

Et soudain, entre deux cris infirmes,
Claudiquant sur un vacarme de savonnette,
Je te reconnais
Je retiens ta couleur sur ma peau
Flamme blessée d'abondance
Jus de pinède sur l’horizon
Minuit siffle sur le quai
Et d’un bout de ton regard de fer
Je me jette enfin du Midnight Detress

Posté par Zest Orange à 18:50 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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