Zest d'une Orange

29 mai 2011

Midnight Detress

Une ombre saigne sur la barbe d’ébène d’un piano.
Un fantôme de skaï aux yeux embués de poèmes caresse sa soif et se pend sur un décolleté
Déchirant…
Plus loin, naufragé du comptoir, un désir fou étincelle sur un homme linceul;
Dans un coin de table, un éclat de tristesse rétrécit à l’infini sous les pupilles violentes de gens heureux…
Les bougies tremblent et se confondent de solitude,
J’avance à pas de miel, comme un orage apprivoisé,
Je crève de lune
Une musique, comme un bas invisible grésille, étrangle l’air,
Glisse sur un sol de paillettes et de cendres mouillées.
Une panthère écarlate et cloutée ronge une croix de bois, de fer ou de courage, qui lui donne l’air d’exister.
De l’autre côté du mur, un buvard se répand en voluptés de rimmel.
Et au fond du couloir, coule une larme obscure, un train de vie déraille...
Dans ce brouillard de gueules d’amours fracassés,
Une chape de souffre vient se coller à mon corsage
Et déteint sur les tresses d’une amazone religieuse.

Et soudain, entre deux cris infirmes,
Claudiquant sur un vacarme de savonnette,
Je te reconnais
Je retiens ta couleur sur ma peau
Flamme blessée d'abondance
Jus de pinède sur l’horizon
Minuit siffle sur le quai
Et d’un bout de ton regard de fer
Je me jette enfin du Midnight Detress

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27 mai 2011

OUF !

Le vent ne gémit plus sous ma ceinture
Ma peau est tendue dans un ressac de caïmans
vendus comme hachoirs à des chasseurs d’hématomes furibonds.
J’avance comme un écrou et tombe sur le nez sirotant
D’un comptoir aux alouettes
Ou Mozart s’affale
Dans sa musique de nuit
En poussant des cris de chaises vides.
J’ai la lettre entrouverte
Frisottée d’une romance à l’eau de pluie
Le petit prince rumine sa guimauve
Pendant ce temps, je réverbère
L’absence de cendre sur ton front…
Des colères momifiées se réveillent
Et me prennent pour leur mère.
Je repère une mémoire
Volant un chien de fusil
J’ai balancé la mienne, depuis belle prunelle
Au premier roman de gare sur ton quai…
Et soudain des voix m’assaillent :
« Qu’est ce que tu fous si tard
A balayer des franges de gens heureux
Retourne dans tes chaussures
Va réviser tes bonheurs dans le pré ! »
Alors je tremble pour ne pas plier,
J’enfile un « peinoir » tout trempé
Qui m’ampoule, hystérique, j’électrogène mais pas trop…
« Démarre l’autre chapitre
En bas de l’escalier… ! »
Me hurlent-ils,
Je déraille mais j’suis pas sourde…
Alors je dévale et dévale
Des tonnes de marches funèbres
Colimaçon en bandoulière,
Surprise par le brouillard
Et par cette injonction sans compassion
Je gérondif à mort
Je claque des contre-danses
Je remets illico mes pinceaux au bourreau des cœurs de pierre
Et je m’éclipse sous verre
Au dessus de la cheminée

J’ai troué ma mémoire à coups de silencieux
Echappé d’air des normes iso thermiques
Réacteur numéro 3 surchauffé
Qu’on m’endorme
Qu’on me plaque sur le bitume avec les mains de Marylin
Qu’on m’embaume aux plaies des brumes
Qu’on mâche mon papier peint


Quelle heure est-il ?
A quel soleil levant ?
C’est quand qu’on arrive ?

Oufff

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Dans ton obscurité

Il est là
Il guette dans l’azur un souffle entrebâillé
La fatigue
L’usure
Le gris de la lumière
Qui perle sur tes reins
Ce matin
Comme tant d’autres
A venir
Il est là
Terne et frileux
Fragile comme une mappe monde dans un char d’acier
Au creux de tes soupçons
Il gonfle
Fait trembler le lopin
De tes certitudes
Il tricote un châle de plomb
Qui t’empêche d’avancer
Des doutes de plaies vives
Qui déforment le miroir
Fait de tes habitudes
De mouroirs de frisson
Il te regarde
Comme on regarde un soir s’enfuir
Que rien ne peux plus retenir
Une main qui se perd dans la nuit
Un mot qui se dérobe
Et cours sur les pavés glissants
De l’oubli
Il est là
Il te connait
Il te devine
Il te poursuit
Puisqu’il est toi dans ton
Obscurité

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Je reviens

Ma douleur
Mon rivage
Mon vulgaire maquillage
Mon vieux château de sable
Ma barque de feuillages
Mon masque
Mon courage
Ma compagne véritable

Tu es ce que je fuis
Tu es ce que je suis
J’ai tout fait pour te plaire
J’étouffais sous ta chair
Je dors toutes les nuits
Dans tes bras
Sous ton ombre
Mon aiguille de chiffon
Ma béquille en carton
Mon écran totalitaire
Ma pupille oxygène
Tu me souffles un poème
Jusqu’au seuil des larmes

Je sourie
Je vois clair
Coincée entre tes vers
Luisants de lassitude
Je m’en remets à toi
Qui connait ma chanson
Par cœur et par raison
Je renonce au mystère
Au regard ténébreux
Des passagers de pierre
Qui aimantaient mes lèvres

Ma douleur
Mon pardon
Ma toute douce fièvre
Je retourne au Soleil
Rechercher la lumière
Le vers plein sans colère
Et me défait déjà
De l’habit de poussière
Aux couleurs du désert
Amour
Attend moi
Je reviens…

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Monsieur le magicien, s'il te plait

Fais-moi rire
Fais-moi cire
Fais-moi corde de lyre
Fait moi force de dire
Fais-moi fondre entièrement
Fais-moi perdre mon temps
Fais-moi détournement
Fais-moi n’importe comment
Fais-moi taire
Fais-moi d’air
Fais-moi tordre de vivre
Fais-moi note de cuivre
Fais-moi belle
Fais-moi folle
Fais-moi frêle
Fais-moi drôle
Fais-moi un papillon
Fais-moi un tourbillon
Fais comprimer le temps
Fais suspendre l’aurore
Fais vibrer ma palette
Fais trembler le décor
Fais griller mes couleurs
Fais sauter la planète
Fais semblant d’être un leurre
Fais-moi une amourette
Fais-moi une sonate
Fais-moi indélicate
fais moi lune
fais moi pierre
fais moi dune
fais moi poussière
Fais-moi lire ton café
Fais moi don d’un passé
Fais-moi tourner le cœur
Fais-moi parole d’honneur
Fais-moi ouvrir le ciel
Fais-moi jeune gazelle
Fais-moi voler plus loin
Fais-moi biodégradable
Fais-moi peau véritable
Fais-moi lâcher la peur
Fais-moi changer d’erreur
Fais-moi signe en passant
Fais-moi soupir du vent
Fais-moi tigre


Fais-moi libre
Un instant...

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Morsure

La danse débordante
Echancrée au milieu
D’un pressant pas de deux
Presque rien
Rien qu’un feu
Une foule d’espoir
S’affole jusqu’au soupir
Papillon reptilien
Aux ailes de zéphyr
Tes crocs sont des diamants
Sur le sillon vinyle
De ma terre déchiffrée
Croustillance éperdue
Fertile dissonance
La crypte vagabonde
Serpent de tes pensées
Devine sous tes os
Un râle insoupçonné
Poinçon de ta passion
Vampirisme sucré
La morsure sacrée
Sur le velours des songes
Dévale l’escalier
Jusqu’au ciel ébloui
Un cri comme une offrande
Vient dévorer la nuit

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Tu bois mon coeur

Tu bois mon cœur
Tu sais ma soif
Impudique
Inévitable
Des forêts de mots se plantent entre les vides
Comme des borgnes
Sur les flancs usés d’un espoir mal tourné
Tu vois j’ai grandit
Dégrafée d’enfance
Dépeuplée de promesses
Des rêves peints à la main
Dans toutes les pièces usées du cœur


Au ventre un cri pendu
Qui n’a jamais pu naitre
Sans armure ni fenêtre
Juste un murmure éjecté
Le squelette décousu par des armées de doutes
La peau en miroir
Distendue vers des lignes froides
Qui collent aux doigts
Je me désiste à la première
Goutte de guerre


Tu rimes sur ma branche
Dans un déhanchement disgracieux
Tu étales colère et champagne
Sur le tombeau des apparences
Rien
Le bon vrai rien
Rassasiant comme l’attente
De ce qui jamais ne vient
Qui donne un air de poule
A la plainte crépusculaire
Déserteur avant l’heure
Danse sur les vaines transparences
Et se jette au ruisseau
Libre de toute contingence
Poisson parmi les fleurs


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Frisson mort au champs d'extase

Au zénith d’une page blanche
J’écrasais lasse un frisson bleu
A peine sorti de l’antre
D’une insomnie de pacotille

Il saignait bon l’encre opaline
De mes peines et de mes prières
Le regard louche et insistant
D’une chimère brisée de « pourquois »

Il exhalait la peau brûlée
D’un sentiment de miel et d’ombre
D’un banc de sable au fond des cieux
Où l’on s’éteint par nonchalance

Il n’a pas crié sa douleur
Dans un sursaut d’éternité
Un aveu lourd d’inconsistance
Il s’est fracassé en vœux pieux

Le cœur posé en interligne
Dissonant par son abondance
S’est accroché au plafond moite
Du manque de tendresse du monde

La plume au bec ciselé
Plante mes chairs
Dans la semence
D’un fossoyeur de rimes pleureuses

O frisson sacrifié
Innocente bavure
Bégaiement esseulé
Infamante fêlure

Tu circonflexes le sacré
A haute dose de bagatelles
Un ventre ouvert « enjasminé »
Raconte sa faim au plus offrant

Un ciel famélique et abusé
Comme un crime sans mobile
Entame une grève sublime
Sur l’ovale d’un serment imaginé

Je plante ma tente sur le rivage
D’un mot perdu sur ton sourire
J’attends qu’il retourne à la page
Baignée d’absinthe où tu m’invites

Ne pourchassant plus que la honte
De vouloir embaumer l’essence
D’un frisson mort au champ d’extase
Sur un papyrus sans défense

Je me retire, la lyre coupable
La lèvre sèche, le cœur fripé
Je m’affale sur un bout d’espoir
et le dévore jusqu’à crever….

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Orange Blues

 

Orange a l’blues
Elle boit du noir
Un café froid
Sur le comptoir
Dans son peignoir aux habitudes
Elle tourne en rond
Y’a un pépin dans la glacière
Une paille dans les embrasures

Orange se prend
Pour une cerise
Sur un gâteau
Un peu sabré
Au champagne de contrebande
Goutte à goutte
Se vide de sens
Et se carafe
Sur les plates bandes

Orange dégage
De ton écorce
Fais- nous la scène
Du zeste pur
Change de coupe
Rhabille ta soif
Joue la sanguine
Dégaine ta pulpe

Allez orange
T’as les yeux rouges
Ça pique
Ça mord
La vie est dure
Va donc rouler
Sur d’autres bords
Ramène ta fraise sur les pavés
Fait- nous le fruit
Prohibitif
Et bois la tasse
D’un coup de jus
C’est qu’une impasse
Un contre vent
Lâche la branche
Voila l'printemps

 

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la couleur du mouvement

De tes bras emmêlés qui traquent l’égarement
Au souffle des serpents de mes hanches de source
Et le rire torrent des feux de joie hurlant
Sur ton visage d’ombres et d'éclairs, se couche


Le cri blessant qui tranche la colombe éblouie
Pour l’or d’un mot violon valsé sur un temps mort
Pour une fumée bleue qui plisse sous nos corps
Comme l’étoffe des songes qui moirent en frénésie


Je vois dans tes pupilles des lames fumigènes
Des vagues de myrtilles qui perlent comme le sang
Des chimères inflexibles qui battent en roulant
Sur mes paupières dunes de mers incertaines


Comme une tempête louve au ventre de colère
Nos sueurs fossilisent la couleur du mouvement
Des houles clandestines débordent de diamants
Et noces de frissons indomptables et pressants


Sous les dentelles rieuses du jardin de la nuit
Un ouragan de sel salive sa conquête
Un navire géant aux draps épanouis
S’invite comme un Dieu au sommet de la fête

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